Popcorn Time en 2026 : application arrêtée, clones à risque et droit français
Popcorn Time n'est plus maintenu sous sa forme torrent : le fork le plus suivi a fermé début janvier 2022, faute d'utilisateurs selon son équipe. Les copies qui circulent encore ne reçoivent plus de correctifs. La faille du module de mise à jour de Time4Popcorn, publiée en août 2026, est notée 9,8 sur 10.
Partager un film protégé en pair-à-pair reste visé par la réponse graduée de l'Arcom. Côté offre légale, le référencement de l'Arcom comptait 525 sites et services culturels au 1er janvier 2024.
Sur cette page
- Popcorn Time fonctionne-t-il encore en 2026 ?
- Popcorntime.app, une relance sans torrents
- Les risques des clones de Popcorn Time pour votre ordinateur
- Comment Popcorn Time partageait les fichiers téléchargés
- Popcorn Time est-il légal en France ?
- Ce que change la décision du Conseil d'État du 30 avril 2026
- Le streaming illégal est-il visé par l'Arcom ?
- Que faire si Popcorn Time est encore sur votre appareil ?
- Les alternatives légales à Popcorn Time référencées par l'Arcom
Popcorn Time fonctionne-t-il encore en 2026 ?
Non, plus aucune équipe identifiée ne publie de version torrent de Popcorn Time depuis 2022. TorrentFreak a annoncé le 5 janvier 2022 la fermeture du fork le plus utilisé, dont l'équipe estimait que le monde n'avait plus besoin de l'application. L'arrêt ne venait pas d'une action en justice, précise l'article. Wikipédia retient la 0.3.6 du 12 juillet 2022 comme dernière version stable du dépôt de référence.
Le logiciel n'a jamais appartenu à une société. Ses auteurs, un groupe de Buenos Aires, l'ont retiré le 14 mars 2014 sous la pression de la MPAA, rapporte Wikipédia, et le code publié sous licence GPL v3 a ensuite été repris par des forks sans lien entre eux. Une page qui propose « la dernière version » renvoie forcément à l'un de ces forks, sans éditeur qui en réponde. La chronologie de Popcorn Time date chaque reprise et chaque fermeture.
Le dépôt GitHub historique n'est pas resté figé. Le 5 novembre 2026, l'API de GitHub redirige popcorn-official/popcorn-desktop vers un dépôt popcorntime/popcorntime, sous licence MIT, dont la dernière modification date du 4 septembre 2026.
Popcorntime.app, une relance sans torrents
Popcorntime.app, l'adresse indiquée comme site du projet par Wikipédia et par ce dépôt, annonce depuis octobre 2024 une relance de Popcorn Time en agrégateur. Le site se décrit comme un répertoire qui rassemble les contenus « from platforms you already own or subscribe to », soit plus de 800 plateformes selon sa page d'accueil. Il se dit gratuit, open source et « fully legal ». Ce sont des déclarations de l'éditeur : la page ne nomme aucune société, et nous n'avons pas testé l'application.
Deux billets de blog jalonnent cette relance. Celui du 4 octobre 2024, « A New Era for Popcorn Time », parle de respecter la propriété intellectuelle et de collaborer avec les services de streaming. Le second, publié le 24 janvier 2025, annonce le retour de l'application.
La page « About » de popcorntime.app réécrit l'histoire. Elle situe le lancement en 2013 et une pause du développement en 2015, imputée à des difficultés juridiques. Or Wikipédia date le retrait des auteurs d'origine au 14 mars 2014, et TorrentFreak attribue l'arrêt de 2022 au manque d'utilisateurs. Un agrégateur de ce type renvoie vers des abonnements déjà payés. Il ne remplace pas le catalogue gratuit que promettait l'ancien logiciel. Popcorn-time.fr n'a aucun lien avec ce projet, et les installeurs qui reprennent le nom ailleurs n'en ont pas davantage.
Les risques des clones de Popcorn Time pour votre ordinateur
Les clones de Popcorn Time cumulent deux risques : un code que plus personne ne corrige et un installeur servi par une source anonyme. Le cas documenté en 2026 concerne Time4Popcorn, l'un de ces forks. La faille CVE-2026-30612, publiée le 27 août 2026, touche Time4Popcorn jusqu'à la version 6.2.1.18 sous Windows, 6.2.1.17 sous macOS et 3.5.0.173 sous Android. Son module de mise à jour permet à un attaquant distant d'exécuter du code arbitraire. Le score CVSS ajouté par l'agence américaine CISA atteint 9,8 sur 10, avec un impact élevé sur la confidentialité des données.
Les chercheurs d'Eye Security ont enregistré le domaine expiré que ce module interrogeait encore en HTTP non chiffré, d'après TechRadar le 26 octobre 2026. Le programme acceptait n'importe quel exécutable sans contrôler sa signature numérique. Les chercheurs ont compté jusqu'à 3 millions de connexions depuis Windows et 350 000 depuis macOS, y compris depuis des réseaux gouvernementaux, militaires et d'entreprise. Entre novembre 2025 et mars 2026, ils ont désactivé ce module à distance. Les requêtes ont chuté de 98 %, puis le domaine et 14 autres ont été confiés à The Shadowserver Foundation.
Le module neutralisé ne rend pas l'application sûre. Time4Popcorn reste installé sur ces machines, et Eye Security conseille de le désinstaller.
Le site public cybermalveillance.gouv.fr formule la règle sans détour dans ses dix mesures essentielles, mises à jour le 27 octobre 2026 : « N'installez des applications que depuis les sites ou magasins officiels des éditeurs ». La même fiche demande d'éviter les sites « suspects ou frauduleux (téléchargement, vidéo, streaming illégaux) ». Au 5 novembre 2026, les suggestions de Google en France proposent pourtant d'ajouter « apk » ou « mac » au nom du logiciel. Un fichier .apk ou .dmg servi par une page anonyme n'a ni éditeur identifiable ni canal de mise à jour vérifiable.
Comment Popcorn Time partageait les fichiers téléchargés
Popcorn Time reposait sur BitTorrent, un protocole où chaque internaute qui reçoit des morceaux d'un fichier les renvoie aussi aux autres. Pour l'Arcom, c'est ce renvoi qui compte. Sa page sur la désinstallation d'un logiciel pair-à-pair prévient qu'un tel logiciel, selon sa configuration, « peut mettre à disposition automatiquement des fichiers téléchargés ». La FAQ de l'autorité est encore plus nette : « Ce n'est pas le téléchargement en lui-même qui vous est reproché ».
Regarder un film avec Popcorn Time revenait donc à le diffuser pendant la lecture. L'utilisateur croyait faire du streaming, alors que son adresse IP figurait parmi celles qui diffusent le fichier, exactement ce que vise la réponse graduée.
Popcorn Time est-il légal en France ?
Non, l'usage de Popcorn Time devient illicite dès qu'il partage des œuvres protégées sans autorisation, ce qui était son fonctionnement normal. L'article L122-4 du code de la propriété intellectuelle déclare illicite « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ». Deux régimes en découlent, et la réponse graduée n'en est qu'un.
La contravention de négligence caractérisée, prévue à l'article R. 335-5 du même code, vise le titulaire de l'abonnement qui n'a pas empêché le partage malgré les avertissements, avec un plafond de 1 500 € pour un particulier et de 7 500 € pour une personne morale selon l'Arcom. Le délit de contrefaçon vise celui qui met l'œuvre à disposition : trois ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende, 1 500 000 € pour une personne morale. Notre page sur le téléchargement pair-à-pair détaille les deux procédures.
Les étapes de la réponse graduée et leurs délais
L'Arcom et sa FAQ décrivent une procédure en quatre temps pour les partages constatés :
| Étape | Ce que prévoit l'Arcom | Délai ou plafond |
|---|---|---|
| 1er avertissement | Un message à but pédagogique, pour lequel la FAQ précise qu'aucune sanction n'est encourue | Sans nouveau constat pendant six mois, la procédure s'arrête là |
| 2e avertissement | Il est envoyé si les faits se répètent dans les six mois qui suivent le 1er | Sans nouveau constat pendant douze mois, la procédure s'arrête |
| Lettre de notification | Remise contre signature et par voie électronique, elle annonce des poursuites pénales possibles | L'abonné dispose de 15 jours pour présenter ses observations |
| Transmission au parquet | Le membre de l'Arcom chargé de la protection des œuvres peut saisir le procureur | L'amende maximale atteint 1 500 € pour un particulier |
Les données d'un abonné ne restent pas indéfiniment dans les fichiers de l'Arcom. Le décret n° 2021-1823 du 24 décembre 2021 fixe leur effacement à 20 mois après le 1er avertissement sans réitération, et à 27 mois après le second. Depuis 2026, l'étape qui suit ces avertissements dépend aussi d'une décision du Conseil d'État.
Ce que change la décision du Conseil d'État du 30 avril 2026
La décision n° 433539 du 30 avril 2026 ordonne au Gouvernement de revoir le décret qui encadre le traitement de données de l'Arcom, sans supprimer la réponse graduée. Selon le communiqué du Conseil d'État, l'autorité peut continuer à croiser les données des œuvres avec les coordonnées des internautes, mais uniquement pour envoyer les 1er et 2e avertissements de la réponse graduée.
Trois limites s'appliquent en attendant un nouveau décret :
- Identification par adresse IP. Pour les infractions qui ne sont pas particulièrement graves, l'Arcom ne peut la demander aux opérateurs que s'il est établi que les données ont été conservées dans les conditions fixées par la CJUE.
- Troisième mise en relation. Le décret actuel la permet sans autorisation préalable, ce que le Conseil d'État juge contraire au droit de l'Union européenne.
- Délit de contrefaçon. Pour ces faits graves, l'Arcom peut demander l'identification aux opérateurs « sans avoir à vérifier que les données sont conservées de façon étanche ».
Les 1er et 2e avertissements continuent d'arriver dans les boîtes mail. Le communiqué ne fixe aucune date butoir au Gouvernement pour le nouveau décret, et la procédure qu'il encadre ne concerne que le partage en pair-à-pair, pas le streaming.
Le streaming illégal est-il visé par l'Arcom ?
Non, la réponse graduée ne couvre pas le streaming : les pages de l'Arcom sur la réponse graduée, consultées le 5 novembre 2026, ne décrivent que la mise à disposition sur les réseaux pair-à-pair. Ce silence ne rend pas le visionnage légal. L'article L122-4 vise la représentation autant que la reproduction, et cybermalveillance.gouv.fr range les sites de « streaming illégaux » parmi ceux à éviter. Pour un internaute qui regarde un film piraté sur une page web, le risque le plus concret reste technique, comme pour les clones de Popcorn Time.
Que faire si Popcorn Time est encore sur votre appareil ?
Chaque situation appelle une action précise, appuyée sur une source officielle ou sur l'alerte de 2026 :
| Situation | Action et source | Ce que cela évite |
|---|---|---|
| Time4Popcorn ou un autre fork est installé | Désinstallez-le en suivant la page de l'Arcom, qui détaille Windows, macOS et Linux | Un client resté actif peut partager automatiquement des fichiers déjà téléchargés |
| Un installeur .exe, .dmg ou .apk téléchargé | Supprimez-le sans l'ouvrir, comme le recommande la mesure 5 de cybermalveillance.gouv.fr | Un fichier anonyme ne reçoit aucune mise à jour de sécurité vérifiable |
| Un avertissement de l'Arcom est arrivé | Lisez la page réagir à la réception d'un avertissement et contrôlez les appareils reliés à votre box | Sans nouveau constat pendant six mois, la procédure s'arrête après le 1er avertissement |
| L'ordinateur se comporte bizarrement après une installation | Demandez de l'aide à 17Cyber, le service d'assistance mis en avant par cybermalveillance.gouv.fr | Une exécution de code à distance peut exposer vos données personnelles |
Désinstaller met fin au partage, car un client absent ne diffuse plus rien. Pour le volet technique, une machine qui a reçu un exécutable inconnu mérite une analyse complète avant d'y saisir le moindre mot de passe.
Les alternatives légales à Popcorn Time référencées par l'Arcom
Les alternatives légales à Popcorn Time se vérifient dans le référencement de l'Arcom, qui recensait 525 sites et services culturels au 1er janvier 2024. L'autorité tient cette liste au titre de l'article L. 331-12 du code de la propriété intellectuelle, selon des critères fixés par une délibération du 9 mars 2022 :
- Demandes de retrait. L'Arcom regarde le nombre de demandes de retrait de contenus visant le service et accessibles au public.
- Environnement. Le service ne doit pas exposer ses visiteurs à des publicités contestables ou à des logiciels malveillants.
- Conditions d'utilisation. Les mentions légales et les conditions de vente doivent insister sur le respect du droit d'auteur.
- Paiement. Les contenus payants passent par un système de paiement sécurisé.
Une extension de navigateur publiée par l'Arcom, appelée EOL, indique en temps réel si le site consulté figure dans ce référencement. Le portail européen Agorateka, auquel l'Arcom participe depuis 2017, recense lui aussi des offres légales. Notre comparatif du streaming gratuit et légal détaille ce que proposent les services accessibles depuis la France et leurs limites.
Publié le 2 avril 2014 · refondu et vérifié le 5 novembre 2026 selon les règles de vérification que nous nous appliquons. Une donnée périmée, une erreur ? La correction est publiée et datée sur la page concernée.